Pouvons-nous mémoriser des sons sans signification – Viswanathan et al, 2016

Malgré des décennies de recherche menées sur les mécanismes de la mémoire chez l’homme, de nombreuses questions sur les corrélats spatio-temporels de la mémoire sensorielle restent à élucider. Dans le cadre du projet M4, nous étudions les mécanismes de la mémoire pour les stimuli auditifs sans signification qui représentent un excellent moyen de tester la mémoire, puisqu’ils ne peuvent être répétés consciemment, et constituent un modèle pour toutes les formes d’apprentissage perceptif pendant la petite enfance. La démonstration de notre capacité à détecter les régularités statistiques dans l’information sans signification provient d’une étude menée par Guttman et Julesz qui a montré que les participants peuvent détecter la récurrence de certaines «caractéristiques» auditives lorsqu’elles sont présentées avec un segment de bruit blanc joué dos à dos en continu (bruit cyclique, CN) (Guttman, N., et Julesz, 1963). Des recherches récentes ont également montré que l’homme est remarquablement performant pour conserver une information auditive sans signification pendant plusieurs semaines et ce sans répétition consciente (Agus et al, 2010). Pour cela les participants devaient discriminer CN et bruits non-cycliques (N), en présentant implicitement certains CNs plusieurs fois. Les participants ont amélioré leur performance à détecter la cyclicité de certains sons et ont retenu cette connaissance pendant 2-3 semaines. Dans nos expériences, nous sommes intéressés à explorer les limites, la robustesse et les corrélats neuronaux de la mémoire à long terme pour les sons dénués de sens.

Expérience : Robustesse de la mémoire pour les sons gaussiens implicitement appris. Dans cette expérience, nous avons exploré la capacité des participants à se rappeler des versions modifiées d’un bruit gaussien appris en utilisant un dispositif expérimental similaire à celui utilisé par Agus et al. Pour cela, les versions « looped » et « scrambled » (brouillées par segment de 10 ou 20 ms) d’un CN appris 4 semaines avant le test ont été présentées aux participants.
Résultats: Les participants peuvent stocker des informations implicitement apprises jusqu’à 4 semaines. Ils détectent mieux les versions intactes, looped et scrambled d’un CN déjà appris par rapport à de nouveaux CNs suggérant que les neurones peuvent encoder de très petits fragments d’information dans la modalité auditive.

Sons cycliques – 5 sec

Sons non-cycliques – 5 sec

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